Experts-comptables IARD & risques professionnels

Expert-comptable et assurance d’entreprise : quand faire intervenir un courtier IARD ?

L’expert-comptable voit souvent avant tout le monde qu’une entreprise a changé : nouveau local, investissement important, hausse du chiffre d’affaires, flotte de véhicules, stock plus élevé, nouvelle activité ou financement. Ces évolutions ne signifient pas automatiquement qu’un contrat d’assurance est devenu insuffisant, mais elles constituent de bons signaux pour déclencher une revue IARD.

Le rôle du cabinet comptable n’est pas de se transformer en assureur. Il peut en revanche identifier qu’un risque mérite d’être vérifié et orienter son client vers un professionnel capable d’analyser les garanties, les exclusions, les franchises, les plafonds et, si nécessaire, de comparer plusieurs solutions.

Le bon réflexe : lorsqu’un changement économique ou matériel modifie l’exposition au risque de l’entreprise, vérifier si les contrats d’assurance ont suivi la même évolution.

Que recouvre l’IARD pour une entreprise ?

IARD signifie historiquement « incendie, accidents et risques divers ». Dans la pratique, ce terme regroupe une grande partie des assurances de dommages et de responsabilité liées à l’activité professionnelle.

Selon l’entreprise, les sujets peuvent notamment concerner la responsabilité civile professionnelle, la multirisque professionnelle, les locaux, le matériel et les équipements, les marchandises et stocks, la flotte automobile, la perte d’exploitation ou encore certains risques cyber.

Il n’existe pas pour autant un contrat unique adapté à toutes les sociétés. Le niveau de protection dépend de l’activité, des biens utilisés, des engagements contractuels, de la taille de l’entreprise et de son exposition réelle.

Toutes les assurances professionnelles sont-elles obligatoires ?

Non. Service Public rappelle qu’une assurance professionnelle n’est pas systématiquement obligatoire : cela dépend de la situation de la société et de son activité. Certaines obligations existent toutefois dans des cas précis.

Les véhicules utilisés par l’entreprise doivent être assurés. Une société locataire d’un local doit également disposer d’une assurance adaptée à cette occupation. Certaines professions réglementées sont soumises à des obligations spécifiques de responsabilité civile ou, dans le bâtiment, de garantie décennale.

D’autres garanties peuvent être facultatives juridiquement mais importantes économiquement. C’est précisément là qu’une analyse des risques prend son sens : le sujet n’est pas seulement « est-ce obligatoire ? », mais « que se passe-t-il financièrement si le risque survient ? ».

Sept signaux que l’expert-comptable peut repérer chez son client

1. L’entreprise déménage ou prend un nouveau local

Un nouveau bail, une surface différente, des travaux d’aménagement ou une hausse de la valeur du matériel peuvent modifier l’exposition au risque. Les capitaux assurés, les garanties sur les locaux et les conditions du contrat doivent alors être relus.

2. Les investissements augmentent fortement

Machines, équipements, informatique, mobilier, matériel spécialisé : lorsque le bilan montre une hausse significative des immobilisations, il est utile de vérifier que les montants déclarés et les plafonds d’indemnisation restent cohérents.

3. Le chiffre d’affaires ou le niveau d’activité change

Une croissance forte, un nouveau marché ou une évolution du modèle économique peuvent faire évoluer les risques de responsabilité, les besoins en perte d’exploitation ou les déclarations utilisées pour tarifer certains contrats.

4. Les stocks deviennent plus importants

Pour un commerce, un industriel ou une entreprise disposant de marchandises de valeur, une hausse des stocks peut rendre les capitaux assurés insuffisants si le contrat n’a pas été actualisé.

5. L’entreprise achète ou loue de nouveaux véhicules

Création d’une flotte, utilitaires supplémentaires, véhicules de fonction ou changement d’usage : le cabinet comptable voit passer les acquisitions et financements. C’est un moment naturel pour vérifier la couverture automobile professionnelle.

6. Une nouvelle activité apparaît

Une extension d’activité, un nouveau produit, une nouvelle clientèle ou une prestation différente peut sortir du périmètre initialement déclaré à l’assureur. Avant de considérer qu’un contrat « couvre l’entreprise », il faut vérifier ce qu’il couvre réellement.

7. Le client subit un sinistre ou une forte hausse de cotisation

Un sinistre révèle parfois un écart entre ce que le dirigeant pensait avoir assuré et les conditions réelles du contrat. Une hausse importante à l’échéance peut aussi justifier une lecture comparative des garanties et du tarif, sans réduire l’analyse au seul prix.

Quand le courtier IARD devient-il utile ?

Service Public indique qu’une société peut souscrire directement auprès d’une compagnie ou faire appel à un courtier. Le courtier agit comme intermédiaire entre l’entreprise et les compagnies, peut comparer plusieurs offres et aide à comprendre les garanties, exclusions et niveaux de protection.

Le recours à un courtier est notamment pertinent lorsqu’une entreprise présente des risques spécifiques ou doit gérer plusieurs contrats. C’est fréquent dès que l’organisation devient plus complexe : locaux, parc automobile, matériels importants, plusieurs établissements, risques de responsabilité particuliers ou besoin d’articuler plusieurs garanties.

Une économie de prime n’est intéressante que si elle ne se traduit pas par une baisse de protection mal comprise. L’analyse doit porter ensemble sur le coût, les garanties, les franchises, les plafonds et les exclusions.

Expert-comptable et courtier IARD : qui fait quoi ?

L’expert-comptable dispose d’une vision privilégiée de la vie de l’entreprise. Il suit la structure, le chiffre d’affaires, les investissements, les financements, la masse salariale et de nombreux événements qui peuvent modifier l’exposition au risque.

Le courtier intervient sur le terrain assurantiel : lecture des contrats existants, analyse des garanties, identification des incohérences, consultation du marché lorsque cela est pertinent, explication des solutions et suivi de la mise en place.

Cette organisation évite de brouiller les rôles. Le cabinet comptable reste l’interlocuteur de confiance sur ses missions ; le courtier prend en charge le périmètre d’assurance convenu.

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Exemple : un client ouvre un deuxième établissement

Le cabinet comptable accompagne son client sur le financement, les investissements, les embauches et la nouvelle structure de coûts. Ces informations suffisent déjà à montrer que l’exposition au risque a changé.

Le courtier peut alors vérifier, selon la situation, l’assurance du nouveau local, les capitaux assurés, le matériel, la responsabilité civile, les pertes d’exploitation, les véhicules ou encore l’articulation avec les contrats déjà en place.

Le cabinet n’a pas besoin de devenir spécialiste des clauses d’assurance. Il lui suffit d’avoir le bon déclencheur : « l’entreprise a changé, ses assurances ont-elles suivi ? »

Questions fréquentes

Quelles assurances sont obligatoires pour une entreprise ?

Il n’existe pas une liste unique pour toutes les entreprises. Les obligations varient selon l’activité et la situation : assurance des véhicules, assurance liée à certains locaux, responsabilité civile pour certaines professions réglementées, assurance construction pour certaines activités du bâtiment, par exemple.

Quelle différence entre RC Pro et multirisque professionnelle ?

La RC Pro vise la responsabilité de l’entreprise lorsque son activité cause certains dommages à des tiers. La multirisque professionnelle est généralement un contrat plus large qui peut regrouper plusieurs garanties portant notamment sur les locaux, les biens et différents risques d’exploitation. Le contenu exact doit toujours être lu dans le contrat.

Quand faut-il revoir les contrats IARD ?

Il est utile de les relire lorsqu’un événement modifie sensiblement l’entreprise : déménagement, investissement, acquisition de véhicules, forte variation d’activité ou de stocks, lancement d’une nouvelle activité, ouverture d’un établissement, sinistre important ou hausse tarifaire marquée.

Pourquoi passer par un courtier plutôt que directement par un assureur ?

Le courtier peut analyser le besoin, consulter plusieurs solutions lorsqu’il le juge utile et aider à comparer les garanties, exclusions, franchises et tarifs. Service Public souligne que son intervention peut être particulièrement utile lorsque les risques sont spécifiques ou que plusieurs contrats doivent être coordonnés.

L’expert-comptable doit-il lui-même vendre l’assurance au client ?

Non. Le cabinet peut détecter un besoin et choisir de travailler avec un courtier partenaire. Si un cabinet souhaite exercer lui-même une activité d’intermédiation en assurance, il doit examiner les règles professionnelles et réglementaires applicables à cette activité.

Lire aussi : un expert-comptable peut-il être courtier en assurance ? →

Une collaboration qui complète le cabinet sans lui prendre son client

Belfort Patrimoine intervient à la demande du cabinet sur un périmètre défini. Le client reste celui du cabinet ; aucune sollicitation parallèle n’est effectuée sur des besoins qui n’ont pas été convenus.

La mission peut être ponctuelle — par exemple une multirisque, une flotte, une SCI ou une hausse de cotisation — ou s’inscrire dans une relation régulière lorsque le cabinet souhaite disposer d’une porte d’entrée assurantielle pour ses clients.

Lire aussi : expert-comptable et protection sociale du dirigeant, quand faire intervenir un courtier ? →

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Violaine Le Guerch Belfort Patrimoine — Courtage, conseil et pilotage

Repères officiels : Service Public Entreprendre — Assurances de la société ; ORIAS — glossaire de l’intermédiation en assurance ; ORIAS — registre officiel des intermédiaires.

Les obligations et garanties dépendent de l’activité, des contrats et de la situation de l’entreprise. Cet article présente des repères généraux et ne remplace pas une étude assurantielle individualisée.

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