Disposer de plusieurs enveloppes ne signifie pas forcément disposer d’une stratégie. Avant de mettre en place un nouveau dispositif, il est utile de répondre à quatre questions : qui peut en bénéficier, qui finance quoi, où l’épargne est-elle investie et quel objectif cherche-t-on réellement à atteindre ?
Le sujet est plutôt : « Que possède déjà l’entreprise, que possède déjà le dirigeant et comment organiser l’ensemble ? »
PEE
Une épargne d’entreprise à moyen terme.
Le plan d’épargne entreprise permet aux bénéficiaires de se constituer un portefeuille de valeurs mobilières avec l’aide éventuelle de l’entreprise. Il peut notamment recevoir des versements volontaires, de l’intéressement, de la participation, certaines primes de partage de la valeur et des abondements.
Les sommes investies sur un PEE sont en principe bloquées pendant au moins cinq ans, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la réglementation.
Lorsque l’entreprise emploie au moins un salarié en plus du dirigeant et au plus 250 salariés, le PEE peut également, sous conditions, être ouvert au chef d’entreprise, aux présidents, directeurs généraux, gérants ou membres du directoire ainsi qu’à certains conjoints collaborateurs ou associés.
PERECO
Une enveloppe collective tournée vers la retraite.
Le plan d’épargne retraite d’entreprise collectif, ou PERECO, permet de constituer une épargne dans un cadre professionnel avec un horizon retraite. Il peut recevoir notamment intéressement, participation, versements volontaires, abondement et certaines primes de partage de la valeur.
Les sommes sont en principe indisponibles jusqu’au départ à la retraite, avec des cas de déblocage anticipé prévus par les textes. Depuis le 1er octobre 2020, les entreprises ne peuvent plus mettre en place de nouveau PERCO ; le PERECO est le dispositif collectif de retraite qui lui a succédé.
Abondement 2026
Quand l’entreprise complète l’effort d’épargne.
L’abondement est une contribution de l’entreprise versée dans un plan d’épargne salariale. En 2026, l’abondement ne peut en principe pas dépasser 300 % de la contribution du bénéficiaire.
PEE
Plafond général : 8 % du PASS, soit 3 844,80 € en 2026, sous réserve des règles particulières applicables.
PERECO
Plafond général : 16 % du PASS, soit 7 689,60 € en 2026, sous réserve des règles particulières applicables.
Ces plafonds ne signifient pas que l’entreprise doit automatiquement verser ces montants. Le règlement du plan, le taux d’abondement retenu, les versements du bénéficiaire et les règles sociales applicables doivent être vérifiés.
Intéressement
Associer les bénéficiaires à la performance.
L’intéressement permet de verser une prime liée aux résultats ou aux performances de l’entreprise selon une formule définie par accord. Il ne doit pas se substituer à un élément de rémunération.
Dans les entreprises employant au moins un salarié en plus du dirigeant et au plus 250 salariés, l’accord peut expressément prévoir le bénéfice de l’intéressement pour le chef d’entreprise et certains mandataires sociaux.
Participation
Partager une partie des bénéfices de l’entreprise.
La participation organise la redistribution d’une partie des bénéfices au profit des salariés. Les accords de participation doivent notamment prévoir la possibilité d’affecter les sommes à un plan d’épargne salariale.
Pour un dirigeant, l’enjeu est de ne pas regarder la participation isolément : son articulation avec le PEE, le PERECO, l’intéressement et l’abondement peut modifier profondément la manière dont l’épargne d’entreprise est organisée.
Dirigeant
Et si le vrai sujet était l’architecture globale ?
Un dirigeant peut déjà disposer d’un PER individuel, d’un ancien contrat retraite, d’un PEE, d’un PERECO, d’intéressement ou d’un abondement. Pris séparément, chacun de ces éléments peut être pertinent. Ensemble, ils méritent une lecture globale.
Qui finance réellement la retraite du dirigeant ? Quelle place reste à son épargne personnelle ? Quels dispositifs profitent également aux salariés ? Les frais et les supports ont-ils été regardés récemment ?
- inventorier les dispositifs déjà en place ;
- identifier les bénéficiaires et les règles d’éligibilité ;
- examiner les taux et plafonds d’abondement ;
- regarder les supports, frais et modes de gestion ;
- mettre en perspective l’épargne collective avec le PER individuel du dirigeant ;
- vérifier que l’organisation correspond toujours aux objectifs de l’entreprise.
Entreprises de 11 à 49 salariés
Le partage de la valeur est aussi un sujet d’actualité.
Depuis le 1er janvier 2025, certaines sociétés de 11 à 49 salariés ayant réalisé pendant trois exercices consécutifs un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % de leurs recettes sont concernées, à titre expérimental pendant cinq ans, par une obligation de mettre en place un dispositif de partage de la valeur.
Selon les situations, cela peut notamment passer par un accord d’intéressement ou de participation, un abondement d’un plan d’épargne salariale ou une prime de partage de la valeur.
Simulation
Combien l’entreprise pourrait-elle théoriquement abonder ?
Nous avons créé une simulation indicative permettant de visualiser l’effet d’un taux d’abondement sur un PEE et un PERECO, dans les limites générales 2026.
Mont-Saint-Aignan & métropole rouennaise
Un accompagnement de proximité pour les dirigeants.
Belfort Patrimoine est situé à Mont-Saint-Aignan et accompagne les dirigeants de Rouen, Bois-Guillaume, Bihorel et plus largement de la métropole rouennaise et de Normandie.
L’objectif n’est pas de proposer un dispositif de plus, mais de mettre à plat l’organisation existante : épargne salariale, retraite du dirigeant, abondement, frais, supports et articulation avec les dispositifs déjà en place.
Sources officielles
Pour aller plus loin.
Belfort Patrimoine
Avant d’ajouter un dispositif, regardons ceux qui existent déjà.
Une première analyse permet de mettre à plat les contrats, les plans, leurs bénéficiaires et les objectifs du dirigeant et de l’entreprise.